La Banque mondiale prévoit une croissance de 4,3 % pour l’Afrique subsaharienne en 2026, contre 4,1 % en 2025. Dans son communiqué du 6 octobre, elle relève de 0,3 point sa projection d’avril. Cette révision concerne une prévision pour l’année en cours, et non un résultat annuel définitivement mesuré.

Une activité plus dynamique, avec des marges budgétaires étroites

L’institution attend parallèlement une inflation médiane de 5,5 % en 2026, après 3,7 % en 2025. Elle situe la dette publique autour de 57 % du PIB et souligne que son service limite les dépenses de santé, d’éducation et d’infrastructures. Elle estime également que le rythme de croissance demeure insuffisant pour répondre pleinement aux besoins d’emplois et réduire sensiblement l’extrême pauvreté.

La progression de l’activité ne garantit donc pas une amélioration identique pour chaque ménage. Le PIB renseigne sur la production globale ; les effets sur le niveau de vie dépendent aussi de la croissance démographique, de la répartition des revenus, de l’emploi et du pouvoir d’achat. Il faut lire ces indicateurs ensemble pour apprécier les retombées de la reprise.

Un ralentissement prévu dans l’UEMOA

Les perspectives régionales détaillées par la Banque mondiale apportent une nuance pour l’Afrique de l’Ouest. L’ensemble Afrique de l’Ouest et du Centre est attendu à 4,5 % en 2026, un rythme inchangé par rapport à 2025. Dans l’UEMOA, la croissance devrait ralentir de 6,3 % à 5,6 %, puis se situer autour de 5,7 % en moyenne en 2027-2028.

La Banque mondiale décrit néanmoins une activité soutenue dans l’Union par l’investissement, les infrastructures et l’expansion des services. Le ralentissement annoncé reste ainsi compatible avec une croissance supérieure à la moyenne de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Ces agrégats couvrent des espaces différents. Le chiffre subsaharien ne peut être appliqué directement à un pays de l’UEMOA, pas plus qu’une médiane d’inflation ne représente le panier de chaque consommateur. Pour les entreprises, les projections régionales donnent un cadre de lecture ; les décisions d’investissement nécessitent aussi des données nationales et sectorielles.

Les prochaines publications permettront d’évaluer si ces trajectoires se confirment. Les prévisions restent exposées aux prix des matières premières, aux conditions de financement et aux chocs qui affectent l’activité.

Photo : Siège du Groupe de la Banque mondiale à Washington, le 16 mai 2012. Photo d’archive : Victorgrigas / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Source de l’image · Licence. Redimensionnements automatiques pour l’affichage.