Près de 48,7 % des établissements de microfinance de la CEMAC étaient classés « très fragiles » au 31 décembre 2025, selon le rapport annuel de la Commission bancaire de l’Afrique centrale publié le 22 octobre 2026. Seuls 17,9 % étaient considérés comme globalement sains.
La cotation signale une forte vulnérabilité prudentielle sans signifier automatiquement qu’un établissement a cessé ses activités. Elle montre toutefois qu’une grande partie du secteur dispose de marges réduites pour absorber une nouvelle détérioration de ses prêts.
Les créances en souffrance ont augmenté de 33,2 % sur un an. Dans le même temps, le bénéfice net cumulé des microfinances de la sous-région s’est effondré de 89,4 %, passant de 22,5 milliards de FCFA en 2024 à 2,4 milliards en 2025.
La COBAC relie cette dégradation à la hausse du coût du risque. Les dotations nettes aux provisions et aux amortissements ont progressé de 46,7 % à 33,6 milliards de FCFA. Les frais généraux ont augmenté de 2 % à 133,8 milliards, alors que le produit net financier a légèrement reculé à 147,6 milliards.
Le Cameroun, premier marché régional, a enregistré une perte cumulée de 6,87 milliards de FCFA après un bénéfice de 5,24 milliards un an plus tôt. Le Congo et le Gabon sont restés bénéficiaires avec respectivement 5,24 milliards et 3,3 milliards, tandis que le Tchad a dégagé 933 millions.
Une microfinance qui renforce ses provisions conserve moins de résultat pour soutenir ses fonds propres et de nouveaux crédits. Cette pression peut resserrer l’offre destinée aux ménages et aux petites entreprises, qui utilisent ces établissements lorsqu’elles accèdent difficilement au financement bancaire classique.
Le rapport fait aussi état de sept nouvelles procédures d’administration provisoire et de cinq procédures de liquidation ouvertes en 2025. Quatorze établissements de microfinance se trouvaient sous administration provisoire à la fin de l’année.




